Tant va la cruche à l’eau

Les récentes révélations d’un média en ligne sur l’organisation du « Clan-de-la-Rose-des-bords-de-Seine-Inférieure » me donnent l’occasion de revenir sur les Chroniques du Duché, que vous avez été nombreux à découvrir (un grand merci, en passant).

Alors que je m’apprêtais à publier une suite aux aventures de notre Premier Vassal, me voilà pris par surprise. La réalité dépasse soudain la fiction (qui pourtant ne dépassait jamais la réalité) et je me trouve tout autant dépassé, sur ma droite comme sur ma gauche, par une opinion locale stupéfaite qui découvre ébahie, ou faussement candide, la dure réalité de cette féodalité d’à côté(s).

D’autres, mieux introduits que moi dans les sphères concernées, ont même fait mine de tomber de l’arbre, tel le fromage de Corbeau. Fromage un peu trop affiné, il est vrai, par les longs mois passés dans la cave, à la vider. Un cas isolé, ont crié les fidèles d’entre les fidèles, une cabale médiatique ! Ces chers vassaux ; jamais à cours d’aveuglement, ou d’un bon point espéré pour services rendus sur les réseaux sociaux ou dans les colonnes de la presse locale.

« Le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée ». Pauvre Perrette, à trop caser dans toutes les strates ducales ses nombreux époux, fils, filles et autres cousins, tout en tétant abondamment elle-même au pis, voilà patatras qu’elle voit son pot tomber.

Cet interlude médiatique, qu’on pourrait comparer à la vache normande qui interrompait les programmes TV de notre enfance, ne nous mènera malheureusement pas bien loin.

Ceux qui, au parterre des opposants, profitent de cette triste affaire sont les premiers à se délecter de la future crème les attendant dans les cuisines du château. Vivement les prochaines échéances que Bleus et Bruns prennent allègrement la place des Roses au banquet ! Les voici trépignant d’impatience, l’œil rivé vers leur prochaine campagne, celle qui les fera enfin Seigneurs à la place du Seigneur. Et si aujourd’hui ils nous arrosent de leurs promesses rédemptrices qui lavent plus blanc, demain le confort du système l‘emportera à nouveau. Leurs fils, femmes et cousins prendront la place d’autres familles déchues. Encore faut-il que celles-ci lâchent des situations durement gagnées, à la sueur d’autres fronts que les leurs. De belles batailles nous attendent dans les couloirs des palais !

Ainsi se poursuit le lent cycle de la décadence, inexorablement. Tristement, la professionnalisation de la politique a nourri les défaillances d’un système dépassé, entretenant ces entre soi et autres organisations féodales que j’aime à vous narrer… entre deux nausées.

Oui, citoyen, la roue va tourner, je veux le croire. Mais ne sera-t-il pas trop tard ?

En attendant, faisons fi de notre pessimisme et ne boudons pas notre plaisir, un beau gadin comme celui-là, c’est déjà ça de pris !

« On m’élit roi, mon peuple m’aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
Je suis gros Jean comme devant »

Merci à Jean de la Fontaine